Rivesaltes (Le ressac)

un film de Anne-Laure DE FRANSSU

durée : 90 minutes

En coproduction avec Corto Pacific et TV Sud. Avec l'aide à l'écriture et au développement du Fonds d'Aide à l'Innovation Audiovisuelle du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée. Avec l'aide au développement du Conseil Régional de Basse-Normandie.
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Comme le retour tumultueux des vagues sur elles-mêmes lorsqu'elles se brisent contre un obstacle, il est un lieu, marqué par le ressac: le camp de Rivesaltes - d'abord centre de rassemblement puis d'internement pour différentes populations entre 1939 et 2007.
En creux de ma propre errance face à l'immensité de cette étendue dévastée, je suis saisie par le silence, je crois entendre l'écho encore tout proche de la voix de ces femmes, ces hommes, ces enfants qui ont été enfermés là. Des sons de pelles mécaniques surgissent : c'est la construction d'un Mémorial qui débute à l'emplacement de la place d'appel.
Le réel prend corps, un nouvel imaginaire me devient possible, des silhouettes contemporaines m'apparaissent. Entourée par la mer et la nature autour, je me fraye un chemin à l'intérieur et autour du camp, chemin fragmenté par des rencontres qui me permettent d'interroger et d'entendre l'histoire de ce lieu.
Une parole surgit chez les ouvriers du chantier, les habitués du café de la Mairie, les militants associatifs, les collégiens, des témoins... Et à l'image du Mémorial lui-même, progressivement une autre histoire se construit.
Comment dire et faire entendre ce qui est resté si longtemps silencieux ?
Né d'un sentiment mêlant l'effroi et la fascination, le ressac questionne le travail de la mémoire, il donne à voir comment la mutation du paysage du camp de Rivesaltes engendre, aujourd'hui, une modification de la parole environnante et questionne le présent.



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